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Chronique de voyage n°23 : En voiture Simone (opus 2) !

Novembre 2008 – Novembre 2012. Les Chroniques de voyage de Yannick Vivarel ont quatre ans. Pour illustrer cette longue marche en avant, nous exhumons de l’ancien site internet de l’Association une version remasterisée d’un classique du voyage en Chine

J’ai rendez-vous à la gare routière de Nanjing pour prendre le bus de 06h30 en direction du Nord-Est.
On m’a adjoint comme aide de camp pour ce voyage une traductrice : sans doute adjudant de discipline dans une vie antérieure. Avec elle, je ne risque pas de m’égarer…
4 longues heures pour 70 yuans (9 euros) dans un bus spartiate mais fiable sur une route nationale truffée de nids de poule, encombrée de camions, de vélos et de charrettes de paysans. Tout cela zigzague. A qui ira le plus vite.
Dans le bus, des gens de la campagne encombrés des multiples paquets accumulés lors de leur séjour à Nanjing. Ils boivent du thé chaud dispensé par une dame en uniforme. Sur l’écran d’un téléviseur fixé au plafond, un vieux film de « Jackie Chan » en patois sans sous titres qui me fait passer un bon moment.

National road

Il y a un maillage d’autoroutes modernes impressionnant. Mais le coût du péage dissuade la plupart de les utiliser. Les transports en commun (bus et taxis) préfèrent emprunter les routes nationales.

Arrivés nulle part, on embarque dans un vieux taxi sale. 600.000 kilomètres au compteur. Dans ce pays, un taxi est la copropriété de deux chauffeurs qui travaillent en alternance nuit et jour. Le nôtre a été co-acheté il y a trois ans !
Au lieu de ménager sa monture, le Fangio local veut nous en mettre plein la vue. Je ferme les yeux et je m’agrippe au bastingage.

Village

Voici enfin le village de 8000 habitants. Nous sommes accueillis par son chef (le secrétaire du Parti local) et une dame patronnesse. Dans la rue principale, large d’au moins 100 mètres, quelques badauds me fixent comme si j’étais Genghis Khan.

Village conference room

Le déjeuner se déroule dans une salle post-stalinienne lugubre et glacée sous le portrait de Mao. Je garde ma parka qui en a vu d’autres sur moi. La discussion s’anime à table autour d’un repas simple mais délicieux et très diurétique :
-beignets de lotus (genre tempura)
-patates douces
-châtaignes d’eau
-boulettes de viande et navet
-raviolis au soja
-boisson : le jus des patates chaudes !

Puis, visite au pas de charge d’une zone de développement boueuse mais en devenir. On se dit au revoir et Fangio nous conduit à tombeaux ouverts à la gare ferroviaire du district.

L’adjudant de discipline nous a pris deux billets en seconde classe ; sans doute pour me redresser car je suis à ses yeux un étranger trop pollué ou a-t-elle perçu chez moi un fond de cryptocommunisme.

Villagers

Il y a environ cinq heures de train à raison de 60km/h pour rejoindre Shanghai : notre prochaine étape. Comme la plupart des trains en Chine au-delà de quatre heures de trajet, ceux-ci sont équipés de couchettes individuelles en première (quatre par compartiment) ou d’un dortoir sans séparation dans chaque wagon en seconde.

J’accepte ma condition qui était d’ailleurs mon ordinaire il y a vingt ans dans ce pays. Nous échangeons entre voisins sourires et amabilités sans nous comprendre sous le regard narquois de mon cerbère. C’est le dernier salon où l’on cause sur fond de musique locale nasillée. On mange des pépins de courge ou de tournesol dont on crache l’enveloppe dans une bassine commune en métal. Cela fait « glong » ! On se passe la thermo d’eau chaude. On dispose quelques feuilles de thé au fond d’un verre que l’on remplit d’eau chaude. On boit cette pisse d’âne avec de grands chuintements.

Shanghai

Vers 22h, le train s’immobilise avec un long crissement d’agonie dans la vieille gare néo coloniale (classée) de « Shang-Hai ».
Je présente mes respects à l’adjudant qui rejoint pour la nuit sa caserne (sans doute un hôtel pour chinois interdit aux étrangers).

J’attrape un taxi : « Take me to the Hilton » (comme dit le papier griffonné en chinois tendu au chauffeur).
Autour de moi, autoroutes suspendues pour passer d’un quartier à l’autre comme à Tokyo et paysage nocturne comme à New York.

Dans les années 80, je descendais dans le vieux « Jinjiang Hotel » qui avait été bâti dans le quartier des concessions par le « tycoon » de Hong Kong, Sir Victor Sassoon, en 1932. Nixon et Kissinger y avaient séjournés en 1972. J’y avais aussi un bureau de passage à mes débuts…
Par la suite, je déménage dans le tout nouvel Hilton en raison de sa localisation en centre ville et de sa salle de bain moderne !
Depuis lors, j’erre dans les hôtels de dernière génération au gré de leurs promotions agressives mais en évitant les « soft opening ».

Pudong

Je retrouve le lendemain mon aide de camp au lever des couleurs (6h30) pour un petit déjeuner chinois avec des bureaucrates. Suivi d’une visite au pas de charge d’un quartier dédié au fin fond de Pudong.

Entre deux rendez-vous, je me rends dans le quartier branché de « Xitiandi » qui se trouve en mitoyenneté avec la demeure (classée) où s’est déroulé le 1er Congrès clandestin du PCC (Parti Communiste Chinois) dans les années 30.

A midi, escale chez « Paul » pour déguster une niçoise et me taper un double expresso. Un peu de douceur dans un monde de brutes. Mamie Nova ne semble pas aimer l’endroit plein de bobos locaux. Suit un autre rendez-vous à la Municipalité fief historique de la clique des shanghaiens (se reporter à CV13 : les 55 jours de Shanghai).

A Shanghai, costume sombre et cravate rouge de rigueur. Mais pour paraître jeune, je n’ai pas appliqué de teinture noire sur mes cheveux ; genre membre du Politburo fraîchement nommé ou cadre encarté à haut potentiel !

En fin d’après-midi, une sorte de TGV nous ramène à Nanjing (1h15 pour 300 kilomètres – 220 yuans soit 25 euros en première).

Chinese TGV

Le fonctionnement de cette navette entre Shanghai et Nanjing (un train toutes les dix ou vingt minutes) est une bonne illustration de la « gestion des masses ».
On ne peut monter dans un train qu’en ayant un billet avec place assignée. Une fois le billet composté à l’entrée de la gare, on est dirigé vers une salle d’attente dédiée. Il y a même un « soft seat lounge » (entendre salon VIP mais n’exagérons rien). On ne pénètre sur le quai que lorsque le train est annoncé au départ.

Stewardesses

Ensuite des stewards vous dirigent en gueulant dans des mégaphones vers la voiture où votre place est réservée et une hôtesse à l’intérieur vous mène « manu militari » à votre place. Tous les sièges sont dans le sens de la marche comme dans un avion. Un système ingénieux permet de les faire pivoter tous dans l’autre sens au terminus ; le nettoyage de la rame se faisant en même temps. Chaque rame ne reste que dix minutes en gare. Il y a une toise à l’entrée de chaque wagon. Jusqu’à 1,1 mètre le billet de train est gratos ! Dans le wagon compartiment, un écran bilingue donne les informations de vitesse, température extérieure et intérieure et le temps restant avec la prochaine gare. Selon les trains, il y a trois classes : seconde, première et une super première avec fauteuil-lit en alcôve comme chez Singapore Airlines ou Emirates. C’est une société privée qui gère la navette.

New Faces

Je profite du moment pour faire ma revue de presse. Dans « Global Times » et « China daily » figure la liste des heureux élus aux différentes instances du pouvoir suprême. L’agence de presse chinoise Xinhua nous a fait parvenir les biographies. La fumée blanche sur Zhongnanhai a donc rendu son verdict sur le nom de ses nouveaux locataires. Je note aussi dans la liste des « 205 » quelques personnalités de la Province du Jiangsu (dont Nanjing est la capitale) mais pas ceux qui étaient pressentis… Il sera intéressant d’entendre les analyses de Jacques Gravereau et Jean-François Huchet sur cette nouvelle garde chinoise lors du prochain atelier de France Hong Kong à Paris.

Arrivé à la gare ultra moderne de Nanjing, je me sépare non sans regrets éternels de la Mère Tape-dur.

Nanjing train station

Il y a des hordes de chinois qui sortent de partout. Chacun active son smartphone androïd et hurle « ouais » (allo !). On se marche dessus, on se piétine avec perversité pour atteindre une file étriquée de taxis où je dois me battre pour en récupérer un. Je lui baragouine mon adresse et il semble capter mon sabir.

Il est 22h et je passe enfin dans un curseur la carte digitale pour me faire reconnaître de la porte de mon appartement. Elle émet divers sons comme dans « Rencontre du 3ème type ». Elle semble dire comme dans « E.T » : maison !

Je profite de deux jours sans agenda précis pour mettre de l’ordre dans mes notes. J’ai toujours sur moi un petit carnet où je consigne mes observations de la journée ; ce qui me permet notamment de tenir ces chroniques. Je passe donc un moment pour transcrire sur le portable mes informations.

Comme je repars en voyage samedi aux mâtines, je me rends à la banque de Chine (agence centrale car on y parle l’anglais) pour récupérer du cash et obtenir une autre carte plastique me permettant de retirer les précieux yuans dans un distributeur. A cet instant précis, je suis sur le point de remplir une quinzaine de formulaires !
Il y a aussi sur le comptoir, attachées par des liens élastiques, trois paires de lunettes de vue au cas où. On hurle ses demandes à travers une sorte d’hygiaphone équipé de part et d’autre d’un micro rustique. Voilà au moins un établissement bancaire qui soigne ses sourds et mal voyants !

J’achète un nouveau billet d’avion électronique bien discounté (car acheté 48h avant le départ). Je peux ainsi sur l’ordinateur choisir ma place et imprimer la carte d’embarquement.

Tee at golf course

Un coup d’œil sur le câble, les Championnats du Monde de golf à Mission Hills : sud de la Chine.

Cette fois-ci, je vais voyager seul. Je me fais donc transcrire en caractères chinois sur de petites fiches les différents lieux où je dois me rendre. Et, comme on append une récitation, j’annone en phonétique le contenu de ces fiches en gueulant pour faire local.

Fin prêt.

En voiture, Simone !

Quatre années de Chroniques de Voyage (depuis Novembre 2008)
CV1 : Chronique sinisée et en désordre
CV2 : Ombres chinoises à Nanjing
CV3 : La lutte pour survivre continue
CV4 : En voiture Simone !
CV5 : Double face, deux visages
CV6 : Panda futé-la fête du Printemps- la crise
CV7 : HK-OX
CV8 : Les voix du Parti sont impénétrables
CV9 : Shangri-la
CV10 : Histoires de murs et de prix au m2
CV11 : Différences culturelles
CV12 : Confucius, lanternes, tigres et « sex tapes »
CV13 : Les 55 jours de Shanghai
CV14 : Du rififi en eaux troubles
CV15 : Many happy returns in HK
CV16: Il faut sauver le soldat Li
CV17 : Retour aux fondamentaux
CV18 : Nuits de Chine
CV19 : Chunyun pour le lapin
CV20 : Sur l’écran noir de la nuit blanche
CV21 : La diplomatie de la canonnière revisitée
CV22 : En attendant la fumée blanche sur Zhongnanhai

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