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CHRONIQUE de VOYAGE n° 28: OU IL EST SOUVENT QUESTION DE HONG KONG

L’industrie de l’aviation privée, si prometteuse en Chine, risque de ne pas décoller en raison du durcissement des mesures anti-corruption.

Certains possesseurs de jets privés les ont souvent utilisés pour « courtiser » les dignitaires afin d’obtenir des faveurs.

On parle aujourd’hui de « cockpit corruption » avec un coup d’arrêt violent à une augmentation du parc de jets prives (estimé à 300 unités en 2013).

C’est à partir de 1995 que l’on a pu arriver en Chine en avion privé. C’est alors l’Ambassade de France qui négocie les plans de vol avec la CAAC (aviation civile chinoise). Mais tout pouvait arriver.

Lors d’un vol privé Bangkok/Shanghai avec des analystes financiers, la chasse chinoise nous force à nous poser sur la base militaire de Nanning, proche de la frontière vietnamienne; prétexte pris que nous n’avons pas de plan de vol. Palabres sans fin entre les autorités régionale et centrale puis une amende payée en billets verts sans obtenir de reçu et nous pouvons redécoller. « Cockpit incentives »!

Sur ce point, la Chine continentale était en avance car l’aviation civile de Hong Kong avait toujours refusée d’accorder un « slot » à des jets privés dans l’ancien aéroport de Kai-tak; même après la mise en service du nouvel aéroport elle ne les donne qu’avec parcimonie mais en toute transparence.

Avant mon départ de Shanghai pour Hong Kong, je déjeune avec un membre de la nomenklatura suffisamment puissant pour pouvoir prétendre rejoindre bientôt, selon une rumeur feutrée, le groupe des 25.

Cuisine italienne, cette adresse connue du quartier financier Lujazui, se trouve en bordure du « Hangpu ». L’endroit fait face à « Suzhu Creek » et son « Garden bridge » que les troupes japonaises avaient à l’époque emprunté pour envahir les concessions ainsi qu’au vieux « Broadway Mansion » construit en 1934.

Huangpu

Sur le fleuve, un va et vient de barges et de bateaux divers, le tout montant et descendant au sons de cornes de brume comme si l’index de pollution, au plus haut ce jour-là, nécessitait des alertes bruyantes.

Je connais ce haut fonctionnaire depuis longtemps. Sans attendre la poire et le fromage, j’y vais franco sur le pas de deux diplomatique de la Chine face aux récents évènements en France: sympathie oui, solidarité, non.

S’ensuit alors une discussion sur les limites de la liberté d’expression lorsque celle-ci peut susciter de l’émotion ou la controverse de laquelle il ressort que, de son point de vue, Charlie Hebdo n’est pas complètement défendable pour avoir heurté une population et une religion. Les valeurs occidentales sur la liberté de la presse devraient, au lieu d’attiser des conflits, les calmer.

Nous avons ensuite évoqué la situation à Hong Kong. Il semblait « preoccupied by Occupied » (sic).

Il faut dire que les meneurs d’Occupy Central (O.C) prévoient de remettre ça le 1er Février; alors qu’une trentaine de figures du mouvement de désobéissance civile sont sous le coup d’une arrestation; certains déjà embastillés.

Je débarque d’ailleurs à Hong Kong le jour où C.Y Leung (le Chief Executive) délivre au Legco (Parlement) sa « Policy Address » pour 2015.

CY Leung

Il avait disparu des écrans radars pendant O.C mais se trouve aujourd’hui requinqué à la suite de son entrevue avec Xi Jinping fin Décembre 2014.

Chose inhabituelle pour un discours de politique générale, il fustige d’emblée les contestataires du mouvement O.C en les mettant en garde contre l’anarchie à venir. Le débat houleux, qui fait suite à sa déclaration, où des élus minoritaires « pan-démocrates » l’ont comparé à « Mao Zedong », ce qui n’était pas voulu comme un compliment, a rappellé à C.Y Leung que. sous les cendres, il y avait encore des braises.

Sa feuille de route pour 2015 ne semble pas avoir fait l’unanimité: un sondage à chaud le crédite de 30% d’avis favorables (selon le South China Morning Post qui est actuellement censuré en Chine continentale…).

A view from the Conrad

A quelques encablures du Legco, me voici de retour au Conrad à Pacific Place. L’hôtel fête en 2015 ses 25 ans et moi plus de 200 séjours. Mais le concierge est parti en retraite remplacé par une gravure de mode recrutée chez Elite Model.

En Janvier à Hong Kong, il y a un évènement unique: “The Asian Financial Forum”. Un peu comme à Davos mais en plus modeste pour le casting, la planète finance (cette année 2400 participants) se réunit pour se projeter dans l’avenir sur fond de tremblement boursier régional (-7,7% sur le Shanghai Composite Index) au jour 1 du Forum et de croissance chinoise de 7,4% pour 2014 au plus bas depuis 24 ans rendue publique au jour 2 du Forum. Mauvais présage ce double 7 ?

Je n’avais pas assisté au Forum depuis trois ans. Une plénière du « Hong Kong- France Business Partnership » était accolée à ce grand raout cette année-là.

Parmi les thèmes qui ont retenu mon intérêt: “China, Asean and the New Silk Road”.

C’est pour Xi Jinping son grand chantier de politique économique régionale. Mais the « New silk road » est aussi un projet maritime à destination des ports africains; continent avec lequel la Chine a tissé depuis dix ans des partenariats bilatéraux qui se traduisent en investissements substantiels. L’Europe a vraiment du souci à se faire.

Traditionnellement en Janvier à Hong Kong, ce sont les soldes! Lors de mon expatriation à Singapour, nous venions passer le week-end avec des valises vides pour faire le plein de bonnes affaires. Habillés alors pour l’hiver!

Autre exercice de style obligé plus « bling bling »: être invité par un banquier ou un avocat dans l’un des clubs de Hong Kong.

Ce sera au « Aberdeen Marina Club » où j’étrenne ma tenue « casual smart » selon les instructions reçues!

Aberdeen Marina Club

Nous sommes huit autour d’une table dans la cantine privée du Président de ce club. Un « gweilo » et sept banquiers chinois hongkongais. L’un d’eux était à Paris comme panelist au symposium « Think Asia, think Hong Kong » d’Octobre 2014. Une autre est très proche du régulateur chinois de la bourse. Deux d’entre-eux sont Chevaliers de la Confrérie du Tastevin.

Au menu, onze plats pour une dégustation de différents vins et champagnes français préparée par un sommelier réquisitionné pour l’occasion.

Ne pas prévoir de réunion le lendemain matin!

Je suis aussi venu à Hong Kong pour donner une lecture sur les relations sino-russe à l’Université de Hong Kong (HKU), qui fête cette année son centième anniversaire et un partenariat tout neuf avec Sciences-Po.

HKU a eu un rôle de médiation très important entre les protestataires et le Gouvernement lors des évènements d’O.C; notamment au pic de la crise en évitant un bain de sang alors prévisible (se reporter à la Tribune Libre: « HK entre chien et loup » publiée en Septembre 2014).

Visite du nouveau campus bâti sur « mid level »avec le Chancelier (le recteur) du HKU.

Chaque bâtiment a été financé par un tycoon de Hong Kong. La « Run Run Shaw Tower » abrite les bibliothèques avec vue vertigineuse sur la baie. La « Lee Shau-kee Tower » dispose notamment d’un auditorium de 1000 places dont les conditions acoustiques seraient bien meilleures que celui du HK Cultural Center à Kowloon!

D’autres « tycoons » ont contribué à l’édification de ce campus sauf Li Ka-shing qui a préféré casser sa tirelire pour bâtir un hôpital qui porte d’ailleurs son nom! Mais ce n’est pas cette action caritative qui lui a permis de regagner sa place de première fortune asiatique un temps abandonnée au profit de Jack Ma (Alibaba).

J’ai écrit en six années de Chroniques plusieurs textes sur Hong Kong pour y décrire des endroits insolites et rapporter des anecdotes de vie professionnelle. Mais il y a un lieu où je n’avais jamais mis les pieds en trente cinq années de visites dans la colonie devenue une région administrative spéciale.

Au fin fond de Kowloon, au milieu de tours bétonnées, se trouve le Temple de « Sik Sik Yuen Wong Tai Sin » du nom d’un célèbre moine taoiste chinois qui « réalise tous les voeux sur simple demande »!

Ce lieu réputé dans toute la Chine continentale voit défiler des milliers de personnes chaque jour qui y viennent pour faire des offrandes et prier. Mais vous n’y rencontrerez pas un seul touriste occidental.

Adossées au temple, des échoppes de  » Chinese fortune tellers » (Suan ming) qui ne payent pas de mine avec des brics à bracs qui font penser à un vide-grenier.

Chinese fortune tellers

Il y a parmi eux le spécialiste de la divination financière connu pour sa clientèle de turbo-cadres du continent et de Hong Kong. Il agit en quelque sorte comme un gourou en management ou un psychothérapiste. C’est donc lui que je viens consulter…

Ses honoraires vont de HKD3 à HKD1000 où à débattre selon l’importance de votre quête.

Il me demande d’abord ma date et heure de naissance. J’ai le droit de lui poser une question. C’est nettement plus cher si j’ai une liste de questions. Il me passe ensuite un récipient plein de baguettes. Je secoue l’ensemble. C’est le tirage au sort. Je choisis au hasard une baguette et la lui remets. En marmonnant, il se plonge dans de vieux manuscrits et jette quelques notes sur un bout de papier. Puis il m’inspecte les ongles, longuement, en jetant furtivement, et à plusieurs reprises, son regard sur mon visage. Tout comme en chiromancie, il dessine des points en triangle sur des lignes précises de ma main puis se replonge dans ses grimoires.

Après avoir griffonné des glyphes abscons sur un autre papier, il délivre alors son oracle en cantonais; autant dire que c’est pour moi du chinois.

Munis de ce « wrap-up » monétisé, il ne vous reste plus qu’ à vous suicider ou jouer au loto; c’est selon!

The author with his guru

Sur le chemin du retour, j’aperçois du taxi sur le toit de certains immeubles des « rooftop slums » (des bidonvilles sur les toits).

Déclarées illégales en 1982, il y aurait encore 170000 de ces structures de bois, de briques et de tôles que les typhons, les fortes pluies tropicales et le feu menacent à tout moment de détruire.

On se souvient de la « Kowloon Walled City » survolée par les avions en phase finale d’atterrissage dans l’ancien Tai-Kak.

Rooftop slums

On peut encore voir ces « rooftop slums » à Sham Shui Po, Kwun Tong et Tai Kok Tsui; quartiers de Kowloon en plein redéploiement.

Le marché de l’immobilier présente d’ailleurs bien des surprises à Hong Kong. Les appartements qui ont été le cadre de morts non naturelles se vendent 10% à 20% moins chers que le prix du marché voir plus si l’histoire est sordide. On parle alors de rabais superstitieux!

Les « hung Jaak » (les appartements hantés) portent malheur pour les chinois.

Des officines se sont pourtant spécialisées dans la vente de ce genre de bien immobilier dévalué. Elles vous proposent même quelques séances de « feng shui »; histoire d’éradiquer les mauvais esprits!

Car Hong Kong, cette cité au luxe tapageur, a aussi son côté sombre. Un récent best seller « Hong Kong Noir » de Feng Chi-shun (pathologiste mais aussi contributeur au SCMP) vous plonge dans les turpitudes de toutes sortes de Hong Kong: meurtres, triades et sexe.

Son industrie du cinéma a d’ailleurs contribué à magnifier truands, princes des ténèbres, putes et autres flics corrompus à grand coup de bastos et de bastons dans de grandes fresques violentes (CV20: « Sur l’écran noir de la nuit blanche »).

Villains in movie

That’s also HK… So long, guys!

Posted by Yannick Vivarel from Hong Kong

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